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Dedans dehors
Depuis quelques
années Mireille Laborie bâtit patiemment une œuvre autour de la figure,
initiale et obsessionnelle, de la maison. Les sculptures et dessins qu’elle
présente cet automne à la GM galerie plient et déplient, répètent et
multiplient un volume à 7 faces, traduction littérale et basique de la forme de
la maison. Un volume sans ouverture, hermétiquement clos. Les maisons de
Mireille Laborie sont boîtes, cages ou cocons, réceptacles. Ce qu’elles donnent
à voir, l’extérieur, la surface, nous questionne sur ce qui n’est pas
montré : à l’intérieur de cet espace quelque chose se joue que nous ne
voyons pas. Le travail de Mireille Laborie est mise en scène du secret, de
l’énigme. Ne cache-t-elle pas parfois à l’intérieur de ces maisons-boîtes un
papier sur lequel un texte est écrit que nous ne pourrons jamais connaître sauf
à briser l’objet ? Si la maison de Mireille Laborie est impénétrable c’est
pour mieux s’ouvrir à ce qu’elle cèle. Ni habitables, ni habitacles les maisons
de Mireille Laborie sont demeures de l’âme, habitat mental. Elles sont le lieu
où l’artiste dépose ce qui ne peut, ce qu’elle ne veut, être dit, montré.
« La maison n’est elle pas, écrit René Pons, ce qui dissimule l’intime,
n’est elle pas la matrice, le lieu protecteur, lieu on ne peut plus féminin où
sont rangées dans l’ombre les plus secrètes lingeries, métaphores de cet
inconscient que l’œuvre par éclair révèle au grand jour ? » |